Délégationde l’Aveyron

Mission des femmes en Albanie

Quand les femmes rencontrent d’autres femmes

Du 11 au 18 avril 2011, douze femmes françaises (personnes accueillies, bénévoles et salariées du Secours Catholique) sont allées à la rencontre des femmes albanaises, pour vivre de riches moments et apprendre d’elles.

« La rencontre a été double. Rencontre des femmes françaises entre elles, car la plupart ne se connaissaient pas avant cette mission, et rencontre avec les femmes albanaises. Avant même les présentations, sans mots, je pense que les femmes en difficulté de notre groupe se sont reconnues et durant toute la mission chacune a été solidaire de l’autre. Nous avons partagé nos émotions en toute simplicité. Choisies par leur groupe en France, elles ont accompli la mission qui leur était confiée avec fierté, sérieux et en étant soucieuses de pouvoir témoigner à leur retour.

En Albanie ce sont cinq groupes qui nous ont reçues, avec des femmes très honorées et heureuses de notre présence. Elles nous ont dit ce qu’était leur quotidien : l’exclusion des femmes et des enfants rom, la pauvreté, la violence du conjoint, parfois les problèmes d’alcool, l’isolement. Notre venue était pour elles un moment important qu’elles voulaient vivre pleinement, elles ont parlé librement. Une femme nous a dit : "aujourd’hui je suis venue sans l’autorisation du mari". L’animatrice a précisé : "elles se sont faites belles pour vous".

Deux de ces groupes sont aussi dans une démarche de transformation sociale c’est-à-dire que les femmes n’hésitent pas à lutter pour l’amélioration de leur vie quotidienne. Faire parvenir l’eau potable ou l’électricité au village, permettre de sécuriser la cour de l’école… Pour cela elles écrivent ou vont rencontrer les autorités du village et cela sans le soutient des hommes.

Dans une ville, c’est une classe pour enfants handicapés qui a pu voir le jour grâce à la mobilisation des femmes. Certaines, après une formation sur le tissage, arrivent à produire des objets et à les vendre. Petites gouttes d’eau dans un quotidien tellement difficile, mais grandes victoires pour ces femmes qui ne baissent pas les bras en cas d’échec.

Repas confectionnés par les femmes albanaises et partagés avec elles, quelques pas de danse aussi, nous ont unies pour terminer nos rencontres. La barrière de la langue fut parfois un obstacle que le bonheur de la rencontre, la joie et les sourires arrivèrent à franchir.

Il existe au fond de mon cœur tellement d’émotions et dans ma mémoire tant de regards, de sourires que je ne peux vous livrer, car je n’ai pas les mots pour vous l’écrire. »

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